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Essai 208 GTi30th / By Peugeot Sport…

Révélée en juin dernier, présentée officiellement au Mondial de l’Automobile à Paris en octobre et découverte lors du GTiPOWERS Day Bourgogne, nous l’avons essayée pour la communauté des passionnés de GTI. L’heure est au bilan, aux comparaisons entre deux modèles séparés par 30 années. Contact !

Le rendez-vous était donné, en compagnie de 14 autres blogueurs venus de toute l’Europe, au circuit du Grand Ouest Parisien de Dreux. Au programme : Briefing, tour de reconnaissance puis roulage en 208 GTi de base, avec ses 200 chevaux. Puis, au tour de la nouvelle 208 GTi30th 208 cv de passer entre nos mains. Non loin de là, une 205 Turbo 16 du Rallye des 1000 lacs, une 208 T16 et la 205 GTi de Grégory Gallifi avec sa décoration Tour de Corse veillent…

208 GTi THP 200 : la force tranquille

Optimale et originale, la position de conduite nécessite un ajustement précis pour trouver le bon compromis entre une bonne prise en mains du volant compact et une excellente visibilité du combiné d’instruments : vitesse, compte-tours, voyants relatifs à la conduite, (niveau d’essence !), etc. En appui fort dans un virage, les maintiens du semi-baquet ne suffisent pas à garantir une assise stable. Ce manque est préjudiciable sur des conditions extrêmes comme sur piste, où le pilote a besoin de se sentir maintenu dans les mouvements de la caisse : mais pour une 208 GTi qui est d’abord polyvalente avant d’être pistarde, ce n’est pas un souci. Efficace et sécurisante, le châssis et ses aides telles que l’ESP met en confiance : sur une piste détrempée sur certaines zones ombragées, une attaque trop sévère pouvait placer le train avant en situation délicate, peinant à retrouver du grip. Sur les parties sèches et ensoleillées, la voiture se montre réactive, docile et sûre. Précise, la boite et ses rapports s’enquillent aussi vite que le frein arrache toute vélocité, activant systématiquement l’Aide au Freinage d’Urgence, faisant clignoter rapidement les feux de détresse. Cette aide au freinage combinée aux signaux lumineux est un gage de sécurité certain sur une route surchargée où l’on arriverait un peu vite dans le postérieur de celui qui nous précède. Toute erreur est corrigée par le châssis et l’assistance électronique. Nous avons l’habitude de la 205 GTI, qui limite l’application de l’électronique dans la seule gestion de l’injection d’essence… Alors, désactivons le plus d’apparats de sécurité et d’agrément de conduite pour faire bosser les bras et les talons-pointe !

En déconnectant entièrement l’ESP, nous nous retrouvons seuls à bord de la voiture, seuls face à nos décisions et nos choix de conduite. Quelques tours très incisifs montrent que, sans la correction ESP dans les virages rapides et longs, le châssis est soumis à l’accélération centrifuge et ce sont nos bras qui travaillent alors : les roues qui perdent en adhérence ne sont plus compensées par un freinage électronique. Cette aide désactivée a l’air de rendre inerte ou moins sensible au déclenchement l’AFU. La commande de freinage se trouve épurée, allant de la pédale centrale aux étriers sans passer par un calculateur électronique. On a donc dans toute décélération une ABS moins présent : les pneus crissent, l’avant s’affaisse mais le tout demeure très sain, sans parasites s’incrustant dans le ressenti de la conduite.

Bilan en demi-teinte

La 208 GTi est une synthèse de notre époque actuelle, où l’on veut du conventionnel, du passe partout : on ne veut pas choquer.

On notera alors que la 208 GTi se veut polyvalente et plaisante, comme l’était la 205 GTI de son époque. Si certains décriront le look trop sage de l’extérieur comparé à un intérieur baignant dans un rouge omniprésent (plastiques, planche de bord, éclairage de compte tours, tranchant avec un ciel de toit noir), il ne faut pas oublier que notre époque voit d’un mauvais œil ce qui sort du lot et du conventionnel. Cette tendance a été très bien comprise par le constructeur : en témoignent les excellentes ventes de cette 208 GTi 200, même si celle-ci a laissé sur leur faim beaucoup d’amateurs de sportives. En effet, la 208 devait faire mieux que la précédente 207RC, jugée trop sage malgré un tempérament bestial dissimulé sous ses formes rondes et sa grande bouche sympathique. Malgré les efforts faits sur cette GTi, l’effusion était en demi-teinte, le souvenir de la 205 GTI continuait d’animer les débats : en trente ans elle est devenue une référence stylistique et mécanique que Peugeot devait prendre en compte plus sérieusement.

Le mythe GTI à dépoussiérer

 

En effet, à propos de la 208 GTi de base, certains répondaient en disant que « si la 208 était plus typée sport, elle se vendrait mieux ». Soit, Peugeot vous a entendu. A l’occasion des 30 ans de la 205 GTi 1,6L 105cv, la 208 s’offre une nouvelle déclinaison non limitée en quantité mais limitée dans le temps : les 30 ans, c’est qu’une seule année. Deux versions distinctes pour répondre à deux typologies sportives différentes : l’une plus polyvalente, l’autre axée davantage sur le plaisir de conduire sportivement. Prévue pour 500 exemplaires, nous en sommes déjà à 800 exemplaires commandés, toutes teintes confondues. La Coupe Franche représente un quart des ventes pour le moment.

A l’occasion du trentième anniversaire de la 205 GTI 1.6L 105cv, Peugeot a demandé l’expertise de Peugeot Sport pour développer cette 208 particulière, qui reprenait les codes de 208 et en extrapolant davantage l’esprit GTI de la 205 tout en corrigeant l’esthétique extérieure de la voiture. On retrouve donc sous le capot un THP qui voit sa puissance passer à 208 chevaux en clin d’œil à sa référence et son couple est porté à 300Nm au lieu de 275Nm sur la version classique.

On qualifiera cette trentième anniversaire de petite exacerbée, avec ses voies élargies à l’avant par des triangles spécifiques et son train arrière élargi par cales : on retrouve un ratio proche de la 205 GTI 1600 avec un train avant large et un arrière plus court, promettant une poupe joueuse. Dans les chiffres, cela donne une voie avant de 1,518 mètre et à l’arrière de 1,502 mètre (soit respectivement 22mm de plus à l’avant et 16 à l’arrière par rapport à une 208 GTi classique). La géométrie du train avant présente un pincement de 1,5mm, l’arrière à 1,6. Son assiette abaissée de 10 mm, ses voies élargies de 22 mm à l’avant et de 16mm à l’arrière, ses grandes roues ressorties lui procurent une posture plus assise sur la route, et indiquent sans équivoque sa destination sportive : qu’en est-il de son traitement stylistique ?

Esthétiquement, cela se traduit par des extensions d’aile et un bas de caisse de couleur noir mat en plastique, une double canule d’échappement ronde signant une ligne d’échappement travaillée à la sonorité plus rauque et plus présente. Les éléments chromés passent aussi en noir mat : lécheurs de vitre, inscription de custode 208 GTi 30th, calandre flottante, coques de rétroviseur, etc. En éléments distinctifs, on peut lister aussi les imposantes jantes noires mat en 18 pouces rehaussées par un cartouche rouge où est inscrit 208GTi30th. Ces mêmes jantes laissent apparaître les disques de freins au diamètre de 323mm, pincés par d’immenses étriers de freins Brembo 4 pistons peints en rouge et badgés Peugeot Sport, comme les grands. Typée compétition, cette identité  se lit aussi à l’intérieur du véhicule : le logo orne les tapis de sol rouge, qui n’est pas sans rappeler l’ambiance des 205 GTi. Effet garanti, qui donne un peu de couleur dans un intérieur (trop ?) sombre où les touches rouges sont plus discrètes que sur la 208 GTi 200 : planche de bord en alcantara surpiquée rouge, ciel de toit noir où la plaque numérotée trouve sa place. Identité Peugeot Sport aussi sur les baquets, habillés d’un mélange de matières, Alcantara et TEP noir surpiqué rouge sont de la partie. Au passage, notons qu’à l’époque de la commercialisation de 207RC, les avis des spécialistes trouvaient ces sièges trop enveloppants pour une voiture de grande série. Ici, sur un véhicule plus exclusif, leur usage se justifie plus naturellement.

Autre élément distinctif de cette série spéciale, la teinte en Coupe franche noire et rouge, facturée 1100 euros en option. Ce traitement inédit sur un véhicule de série change totalement l’allure de la voiture : du rouge et du noir, des codes chers à la typologie GTI. En effet, la 208 GTi 30th ne pouvait que revêtir des teintes identitaires de cet univers sportif. L’avant habillé d’un noir texturé entre en contraste avec un rouge inédit verni en partie arrière. La Coupe Franche est à mi-chemin entre la culture originale de la GTI grâce au traitement biton ; tout en interprétant les récentes études de style présentes sur Onyx, Exalt et Quartz avec un traitement de surface bimatière.

Une évocation de sportivité plus radicale, oui. Mais une sportivité à la bande rouge, typiquement ancrée dans la symbolique GTI.L’ambiance intérieure montre donc une sportivité plus radicale. Les décors en dégradé du rouge vers le noir de la 208 GTi passent en noir laqué, moins clinquant et qui pouvaient paraître trop coquet pour un typage sportif, mais convaincant dans le but de faire un clin d’œil à la 205 GTI. En trame principale, le liseré rouge s’impose et s’insère dans plusieurs éléments, comme dans les crosses de porte noires et sur les ceintures de sécurité.

D’emblée, le tempérament exclusif et  radical de la 208 GTi 30th transparaît tout en gardant des éléments en commun avec la 208 de base, prouvant les excellentes bases du modèle tant dans son aménagement intérieur que son look extérieur. Le reste de l’intérieur ne change pas du modèle de série : on retrouve le Peugeot i-cockpit avec un petit volant cuir, le combiné d’instruments déporté permettant de retrouver toutes les informations utiles à la conduite au plus près de la route. Comme dans la GTi 200, un réglage minutieux s’impose afin de trouver la position optimale. Les rétroviseurs se règlent automatiquement et se rabattent au verrouillage du véhicule : cette GTi30th ne fait pas l’impasse sur les équipements : détection de sous gonflage, allumage automatique des feux, aide au stationnement arrière, éclairage d’intersection, bref ! tout y est.

Tout y est, ou presque… Hormis les sièges chauffants, inadaptables sur les baquets installés. Il faudra avoir chaud aux fesses par soi-même en testant les capacités de la voiture sur le circuit du Grand Ouest Parisien à Dreux. Nous ferons deux sessions : la première en laissant l’ESP connecté et l’autre en full sensations, où le pilote sera le seul maitre de son coup de volant… Ca ne vous rappelle pas une certaine époque ?

Test Drive 208 GTi30th

Dès les premiers tours de roue et l’attaque du premier virage, on remarque que l’ESP est plus permissif : celui-ci, recalibré, s’activera moins souvent que sur la GTi classique. Celle-ci passe d’ailleurs pour une mère poule en prévenant tout début de perte de grip sur la piste détrempée, que ce soit en sortie d’épingle ou en amorce de survirage lors d’une attaque prononcée. Mais avec la GTi30th, on redécouvre une toute autre voiture, où les 300 Nm de couple sont disponibles dès 3000 tours, ce qui se révèle pratique en sortie d’une partie technique où l’on pourrait perdre de précieuses secondes dans une accélération plus molle. Mais avec le couple disponible, on peut réattaquer de suite, à condition de choisir le bon rapport et admirer une aiguille grimper prendre des tours en même temps que l’on prend du plaisir. Le comportement on/off du moteur de la GTI1600 (donné notamment par un couple maximal de 127,5 Nm débutant à 4000 tours pour terminer 2500 tours plus tard) avec une plage d’utilisation sportive plus restreinte qui obligeait à faire tomber les rapports et à pousser le moteur XU5JA; là où le THP EP6FDTX (en 30 ans, les désignations se sont compliqués…) est aidé par un turbo et une toute nouvelle cartographie. Associée à de nouvelles lois d’amortissement et de raideur de ressorts, ainsi qu’un centrage anti-dévers reculé, la direction est informative. Recalibrée, celle-ci gagne en linéarité d’assistance par rapport au typage sportif de la voiture en tenant compte des effets induits par le DGL Torsen, donnant en fin de compte davantage de précision et d’agilité.

Le DGL Torsen constitue l’évolution et révolution de la liaison au sol.Cette nouvelle conduite donnée par ce châssis plus permissif, rabaissé de 10mm par rapport à la 208GTi 200 et une électronique un peu moins intrusive se voit appuyée par un différentiel à glissement limité Torsen, constituant la véritable révolution et évolution du modèle.

Ce système entièrement mécanique permet de distribuer l’effort aux roues avant en fonction d’un seuil de glissement défini. Concrètement : en cas de perte d’adhérence, le différentiel à glissement limité travaille et continue de distribuer un couple aux deux roues pour retrouver du grip, là où un différentiel classique donne tout le couple disponible à la roue qui patine, produisant l’effet inverse à celui que l’on voudrait. Le Torsen maitrise donc la glisse, il maintient une accélération et une trajectoire en virage et participe donc à avoir une voiture posée sur le sol qui trouve du grip, là où le différentiel classique s’affolerait et donnerait du couple à une roue en difficulté. Effet garanti ! Difficile de mettre en difficulté cette GTi30th avec son châssis optimisé. Après avoir cherché la voiture à ses limites, il nous est apparu que l’aide électronique de l’ESP était, certes, appréciable et discrète, mais encore trop intrusive. L’ultime étape était donc de désactiver totalement l’aide électronique, pour laisser la voiture s’exprimer pleinement.

Le conducteur devient pilote

Sans ESP, nous nous retrouvons seuls face à nos décisions. Le pilote redevient le maitre à bord, après 30 ans de silence. Seules les trois touches au sol donnent la cadence. Les accélérations et les phases de freinage intensifs ne sont plus contrôlées : en phase de décélération, les Brembo 4 pistons entrent en action et l’on sent que l’arrière a envie de passer devant. Le comportement apparait plus joueur, et cette sensation est validée en reprise de vitesse, avec un train avant précis et une puissance qui se transmet parfaitement aux roues.

En élargissant le train avant, Peugeot Sport exacerbe le côté amusant de la sage 208 GTi pour se rapprocher de la Gtistique 205. 
Un arrière train plus joueur, et un comportement surprenant. Surprenant, parce que l’on retrouve les mêmes trains délicats que la GTI 1600 d’il y a 30 ans. En élargissant le train avant, Peugeot Sport exacerbe le côté amusant de la 208 GTi. Nous nous sommes laissés surprendre en arrivant rapidement en virage et en donnant trop d’angle au volant : le train arrière a commencé à partir, sans ESP il a fallu corriger manuellement notre gourmandise. Durant ce moment, le train avant est resté moteur et n’a pas perdu son adhérence, montrant toute l’efficacité du Torsen. L’apport du Torsen et de l’anti-dévers réduit à l’avant se ressentent lors des accélérations en virages, permettant de maintenir les trajectoires serrées, et dans les phases de freinage, par un complément de stabilité. Le centre de gravité abaissé et une géométrie des trains redéfinie (voies, carrossage, pince, jantes plus larges de 0,5’’) et des pneumatiques Michelin Pilot Super Sport 205/40 ZR 18 optimisent l’adhérence et garantissent une tenue de route remarquable.

Grégory Guilvert, pilote Peugeot Sport qui a notamment préparé la 208 T16 Pikes Peak pour Sébastien Loeb et participé au développement des RCZ Racing Cup, propose des baptêmes de pistes aux journalistes blogueurs invités : sensations garanties grâce au coup de volant de Grégory Guilvert et au châssis incroyablement efficace de la 208 que l’on redécouvre en tant que passager. Nous avons les vidéos embarquées, si vous le voulez, on les publiera sans problème !

Et en utilisation quotidienne ?

Lors de la séance photo dynamique, nous avons eu le privilège de conduire la GTI30th à des vitesses plus raisonnables : la voiture ne souffre d’aucun à-coups à bas régimes, le moteur est disponible tout de suite et monte en vitesse rapidement en donnant un petit coup dans la nuque plaisant. Ceci promettant une voiture sûre dans des situations délicates : dépassement, insertion rapide, etc. En plus de pouvoir aller s’amuser sur des petites routes le week-end, il est tout aussi possible d’aller chercher le pain en ville sans craindre de trouver une voiture creuse et inadaptée à une telle conduite, comme c’est le cas avec une 205 GTI qui souffira d’à-coups à bas régimes et d’un ralenti qui oscille dans les bouchons.  En effet, le gabarit contenu de la 208 garantit un usage polyvalent et facile à vivre pour le même coefficient aérodynamique que la 205 (0,34). Il est facile de se glisser dans les baquets pour un petit trajet : les bourrelets sont de meilleur facture que ceux de nos 205, qui ont tendance à s’affaisser. La visibilité arrière n’est pas entachée par les sièges et permettra de faire quelques manœuvres aisées comme nous avons pu le faire durant nos prises de vue.

Confrontation : 205 versus 208, le débat de trop ?

Avoir une GTI, c’est s’affirmer, c’est le montrer. La typologie GTI est revisitée sur cette Trentième, tant pis pour les réfractaires de l’évolution. Le minitel c’était bien, il faut vivre avec son temps et se souvenir d’où l’on vient !Chez GTiPowers, nous regroupons les fans de 205 GTi (et dérivés : 205 Rallye, CTI ou encore 309 GTI, GTI16, ou même des 205 T16). Que ce soit les passionnés qui ont connu les premiers jours du modèle comme les plus jeunes qui ont rencontré cette voiture au détour d’une conversation ou en flânant sur les réseaux sociaux, nous nous retrouvons tous sur gtipowers.com. Peu importe la manière, nous sommes tous des passionnés du modèle, et de la marque. Et, si les plus jeunes se sont tournés vers la 205 et ont délaissé les 206 et 207, c’est par manque de budget ou par manque de reconnaissance du modèle dans la rue. Avoir une GTI, c’est le montrer et affirmer sa différence. Lorsque la 208 a abandonné le badge RC au profit de la triquetra GTI, nous nous sommes empressés de voir le résultat, teinté de partis pris intéressants mais aussi de légères déceptions quant au rendu discret de la voiture dans la flux de la circulation. La languette rouge de la face avant et la canule d’échappement étaient, entre autres, des éléments esthétiques qui se démarquaient mais donnaient dans l’ensemble une allure sage et commune : la mode n’est plus au démarquage social mais à la discrétion. Néanmoins, d’autres constructeurs généralistes ont dans leurs catalogues des voitures aux allures plus typées aux performances améliorées par leurs divisions sport respectives, c’est dans ce créneau que se place Peugeot et Peugeot Sport avec cette 208 GTi 30th Anniversary Edition et la RCZR.

La 208 GTi 30th démontre à nouveau que l’émotion, la sportivité et l’efficience sont inscrites dans le patrimoine et les gènes de Peugeot, sans pour autant renier le passé 205 GTI. Alors non, il n’y aura pas de nouvelle 205 : la mode, les courants changent et les impératifs de normes ou encore de développement empêcheront la création d’une voiture simple, sans ordinateur de bord ou sans courroie d’accessoires. Cela nous motive encore plus à entretenir cet objet de désirs qui est en train de rentrer, tranquillement, dans le monde de l’automobile de collection. 30 ans d’attente, 30 ans de nostalgie, mais 30 ans de GTI tout de même. Laissons faire le temps, qui seul sera maître du devenir de l’empreinte laissée par cette petite nouvelle. On ne peut pas tout boycotter sous prétexte qu’il y a un transistor sous le capot, mais il faut vivre avec son temps et vivre avec les modes, en gardant toujours notre petit côté personnel, hors des limites en 205 GTI ou à bord d’une potentielle 208 dévergondée.

Deux automobiles qui appartiennent à deux époques différentes : l’apport de l’électronique n’entache pas le mythe GTi, mais le modernise pour en faire une sportive de son temps. Avec son caractère détrempé, ses touches techniques et esthétiques issues respectivement du monde exigeant de la compétition et de l’univers du design moderne – évoqué par la coupe franche -, cette GTi 30th témoigne à sa manière du passé de son aïeule, tout en réinterprétant les codes de la radicalité et du plaisir de conduite.

GTI, GTi ?

GTI rimerait avec Risquer, aussi bien dans les choix technologiques que dans son utilisation, différente de celle des autres.Une 205, une 208, et plusieurs définitions de GTI, symbolisées par la place symbolique de l’injection dans la dénomination du produit. Le moteur athmosphérique de 1984 prônait fièrement son Injection Bosch Jetronic révolutionnaire par débitmètre d’air comme les grands. Pour la 208, le moteur turbo cache l’Injection majuscule : les choix technologiques sont plus mesurés, l’époque est à la mode du downsizing avec de petites cylindrées nerveuses. Avec son turbo twinscroll à 1,2 bars, la révolution est davantage dans les 200 chevaux pour un moteur de cylindrée équivalente à celle de la 205. GTI rimerait avec un véhicule qui ose promettre une expérience de conduite différente : cette définition est en accord avec la 205 de 1984, cet enfant pas sage se distinguant du reste de la gamme. Cette même définition est correcte dans l’approche réalisée pour la GTi30th en promettant une voiture qui se positionne différente du reste de la gamme 208 avec un chassis performant, un look bien typé et des performances inédites allant de pair avec des sensations de conduites démesurées grâce au différentiel à glissement limité Torsen, l’ESP recalibré et le rabaissement :
« Si la 208 GTi 30th conserve l’identité, le soin du détail et les lignes de la 208 GTi, elle les interprète dans un registre unique, plus radical et plus bestial qui fait le lien avec le typage incisif de son comportement dynamique. Julien Kerlidou – Chef de produit 208»

A retenir

En version Coupe Franche, le tarif de la 208 GTi 30th est de 30000 € : ce prix est justifié par l’ajout du Torsen, des baquets, des trains spécifiques et de la livrée spéciale peinte à la main. Notons également que c’est un produit Origine France Garantie, qui prend une valeur symbolique non négligeable. Grâce à l’ajout du système Stop & Start, aucun malus écologique est à prévoir : c’est donc une sportive écologique : ses performances et son comportement incisif sont obtenus dans un registre d’efficience inédite sur le segment avec des émissions de CO2 contenues à 125 g/km, conformes à la norme €6 grâce à l’ajout d’un Stop&Start contournant le malus écologique. Enfin, gageons qu’une telle voiture qui sera disponible moins d’un an au catalogue ne souffrira pas (ou moins) de la même décote que d’autres véhicules neufs : un bon placement sans doute.

Entre modernité et nostalgie, l’apparence générale de la Trentième dans sa livrée Coupe Franche est la plus convaincante à nos yeux. En effet, en rouge rubi tirant sur une couleur bordeaux ou en blanc perlé nacré, elle est plus discrète et perd son originalité au profit d’une stature plus délicate posée sur des jantes noires et étriers de freins rouge Peugeot Sport. Une patte Peugeot Sport donc, affirmée, qui se veut être la vitrine d’un département sportif appelé à être plus présent sur les véhicules de série. Un choix d’image porteur (Citroën Racing, Renault Sport pour ne citer que les constructeurs français qui avaient déjà franchi le pas) que Peugeot n’avait pas encore amorcé malgré le programme compétition toujours très rempli en rallye ou en courses d’endurance : RCZR et 208GTi30th ont toutes leurs places dans le catalogue constructeur, et encore plus dans notre garage !

Les notes de la 208GTi30th Anniversary Edition

Capital GTI : 4/5

Tout y est, ou presque : on aurait apprécié une palette de couleurs avec un gris graphite et un vrai rouge. La Coupe Franche reste notre coup de coeur. A l’entretien, elle se lave comme une peinture classique !

Comportement : 5/5

Le Torsen fait des miracles, les trains roulants permettent de jouer avec la voiture. On aurait aimé un sonorité d’échappement encore plus rauque pour passer encore moins inaperçus.

Intérieur : 4/5

L’intérieur gagne en sportivité en troquant ses éléments rouge par de l’alcantara surpiqué rouge.La position de conduite est optimale, les baquets remplissent leur rôle. Il manque un combiné d’instruments plus complet avec des températures et pression d’huile, d’eau pour avoir une voiture s’inspirant de la compétition (sur la matrice couleur par exemple). Le GPS embarqué regroupé sur Système Multimédia SMEG est réactif.

Note globale : 18/20

Parce que Peugeot a sorti un modèle Sportif de sa 208, et que nous retrouvons une atmosphère et un comportement joueur trop souvent oublié. Il manque encore un peu de sonorité à l’échappement, davantage d’indicateurs au tableau de bord et un moteur moins linéaire pour faire revivre la particularité on/off des 205 GTI. Et la 208R, elle est dans les cartons ?

Tarifs, Spécifications techniques

Merci Féline pour la photo !

Remerciements

Nous remercions l’équipe du Circuit du Grand Ouest Parisien pour leur accueil et leurs conseils lors des séances de roulage ou sur le bord de la piste.

Merci aux équipes Peugeot Sport pour leur disponibilité et leurs réponses à nos interrogations les plus existentielles comme les plus étranges…

Nous tenons à remercier Peugeot pour son intérêt porté à GTiPowers, et pour l’invitation à cette journée exceptionnelle de partages et de rencontres avec son nouveau modèle sportif.

 

Sources : Peugeot, Musée de l’Aventure Peugeot

A propos de Tobias

Je combine ma passion pour l'écriture à celle de la 205 GTI, en passant par la photographie, les nouvelles technologies, et beaucoup de curiosité.

6 comments

  • Jonathan dit :

    Chapeau toby pour ton premier essai, tu nous a sorti la un bien bel article !
    Sa donne vraiment envie de se procurer une 30th

  • Mikael dit :

    Magnifique article,au tob toby!

  • Jean-Pierre dit :

    Un article comme si on y était !! Vraiment un beau style et un beau récit ;-)

  • ikloh dit :

    membre de l’autre club GTi, j’applaudis à la vue de cet article, de très haute volée. et les photos sont magnifiques…

    ça a du être un sacré kiff, cette journée. Bravo encore…..

  • Grange dit :

    C’ est Chirurgicale comme article, quelle précision !
    une lecture très agréable qui déroule toute seule
    Bravo
    Possesseur d’une 30 th Rouge Rubi depuis 1 mois.
    Numéro 441
    C’ est Que du bonheur !!
    ça me rappelle bien ma 1900 gti blanche de 1989, j’avais 20 ans à l’ époque , mais cassé au bout de 3 mois
    (Belle sortie de route)
    Trop fougueux à l’époque, j’avais Encore le 90 derrière et
    Sortant d’une Vieille Renault 5 TL .
    Aujourd’hui ,à 44 ans je me tempère mieux, mais je ne suis pas près de découvrir les limites de la belle…
    Il faudrait une petite cession circuit pour voir, c’ est Le mieux à mon avis…
    Longue vie aux GTI !!!

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