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309 GTI : du sang en « 9 »

La nouvelle 308 GTi (ou R) pointera bientôt le bout de sa calandre. L’occasion pour nous de revenir en images sur la 309 GTI. Rétrospective autour du sang neuf apporté par le saut de numérotation pour un trois-cent neuf unique dans la classification Peugeot.

Nouvelle donne

« Une voiture pour connaisseurs »… « Un corps dynamique »… feront partie des éloges que l’on pourra lire dans les brochures commerciales pour ce nouvel esprit de conduite. D’abord présagée pour être une Talbot Arizona, c’est finalement sous la dénomination 309 que cette berline tricorps sera présentée en 1985. Cette grosse 205 emprunte au futur best seller sa plateforme, et ses portières.

A l’intérieur, le conducteur fait face à une imposante planche de bord qui embrasse la console centrale. Une disposition qui donne l’impression de ne privilégier que le conducteur, comme dans la tradition automobile allemande :

Avec son intérieur pensé comme une grande routière, la 309 est à mi-chemin entre la 405 et la 305. Un manque de numéros disponibles dans la gamme de l’époque invite à bouleverser la numérotation pour placer le projet mort-né de Talbot Arizona en Peugeot 309. Un neuf qui inspire le renouveau, et invite à penser cette petite berline comme un modèle unique dans la gamme, avec son numéro en 9 au lieu du 5 de l’époque. Pourtant, elle évoque bien une 205 étirée, allongée. Techniquement, c’est le cas : le châssis est allongé, les trains roulants sont sensiblement de même conception. Esthétiquement, ce sont les codes stylistiques de l’époque qui donnent l’impression de déjà vu. On notera des éléments originaux sur 309, comme l’aileron noir sur les phase 1, ou la vitre arrière bombée :

Le thème GTI colore la gamme

En 1987, la sauce GTI prend, et dope les ventes de 205. Ce qui conduit Peugeot à développer la 309 GTI : le travail de conception moteur et de trains roulants sont réduits en prenant les éléments de la récente 205 GTI 1900 pour les mettre sous le capot. Un swap moteur qui s’accompagne d’un intérieur de velours rouge, ou en cuir en option à partir de 1992. Les jantes de 205 GTI 1900 soutiennent une caisse qui est enjolivée par de extensions noires parcourues d’un filet rouge : le gène GTI est clairement revendiqué. La large jupe avant intègre longues portées et anti brouillards. On notera l’ajout au catalogue d’une version GTI 5 portes, avec un succès assez limité : ironie du sort, quand l’on voit que la tendance s’est inversée au fil des années pour aujourd’hui proposer sur 308 GTI première du nom uniquement une structure 5 portes !

Le restylage de 1990 profite à la 205 qui perd ses clignotants orange. Pour 309, la face avant voit sa calandre se simplifier. A l’arrière le dessin des feux évolue pour une forme plus moderne laissant apparaître des griffes rouges du plus bel effet. C’est cette même poupe qui est maintenant éligible au monogramme GTI16 de 160 chevaux non catalysé : une petite révolution qui fait mouche, et qui se distingue par un tour d’extensions totalement noir. Pour se démarquer des GTI, les baguettes rouges passent en noir satiné. A l’intérieur le rouge cède sa place pour du bleu, comme pour rajouter une nouvelle couleur rattachée à la sportivité.

La GTI16 était disponible en gris Magnum, bleu Miami et gris Futura, cette dernière teinte étant plus rare que les deux premières. Comme d’habitude, c’est à l’export que l’on trouvera davantage de couleurs avec l’ajout du blanc Meije :

Régis, membre du Club GTIPOWERS, nous a envoyé récemment une photo de sa 309 GTI16 :

Perte de gènes

La 309 avait donc l’avantage de proposer une gamme étoffée qui pouvait plaire à tous, pour tous les budgets. Avec une GTI16 qui coiffe le faut du panier, on obtient alors l’ultime gamme GTI des années 1990. Toutes les bonnes choses ont une fin, et à l’instar de la 205 GTI : toutes deux sont poussées vers la porte de sortie par des normes antipollution rognant sur le plaisir de conduite… Mais qui améliorent le pilotage en gommant les imperfections du système d’injection électronique.

Il faudra attendre quelques années pour voir arriver la 306 S16 : symbole d’une fin d’époque, où le neuf est remplacé par du six, conventionnel et légitime dans le reste de la gamme. Plus tard, la 307 Féline boudera toute dénomination sportive vantant son moteur 2 litres 180 chevaux, qui sera alors considéré comme linéaire et un train avant peu incisif. 308 I se réappropriera la dénomination GTi en montrant une face avant agressive et une double canule d’échappement : il y a un mieux. Néanmoins, les chevaux augmentent sans que le plaisir soit similaire à la 309 qui garde son neuf d’avance, supplantant ses descendantes aussi bien dans la numérotation que dans l’agrément sportif.

Est-ce que la nouvelle 308 GTi (ou R) renversera la tendance ? Réponse dans quelques semaines, au salon de Genève puis plus tard en essai dynamique. Présentée à Paris en octobre dernier, la 308 GT annonce déjà une excellente base sportive qui indique un fort potentiel pour des motorisations plus puissantes associées à un châssis joueur. A suivre !

A propos de Tobias

Je combine ma passion pour l'écriture à celle de la 205 GTI, en passant par la photographie, les nouvelles technologies, et beaucoup de curiosité.

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